J’ai testé pour vous : le trekking tout-suspendu
On nous pose régulièrement la question : le tout-suspendu pourquoi faire ? En VTT, vous avez déjà dû entendre de nombreux arguments, très souvent relatifs à la difficulté du terrain. Mais alors lorsque l’on fait du trekking avec son vélo, quelle peut en être l’utilité ? Avec l’avènement des VTC à assistance électrique dotés de suspensions avant et arrière, nous sommes en droit de nous poser la question : est-ce que ça change vraiment quelque chose ? J’ai testé pour vous !
Le confort
Winora Sinus FS
La première chose que l’on remarque en passant d’un trekking avec seulement une fourche suspendue à un trekking tout-suspendu est bien-entendu son CONFORT. Au moment de s’assoir, la suspension arrière apporte une sensation d’accueil plus moelleux qui n’est pas pour déplaire à mon postérieur. Sur un sol bitumé, les trous, les bosses créées par les racines, les dos-d’ânes et petits trottoirs qui m’obligeaient à me lever sur mes pédales pour ne pas souffrir ne sont qu’un mauvais souvenir. Sur les chemins, je ne redoute plus les passages dans le laitier ou les portions recouvertes de branches et cailloux. En fin de sortie, le constat est clair : les douleurs de selle et inconforts du dos ont drastiquement diminué. L’effet sera d’autant plus important pour les personnes qui apprécient les longues distances ou le bike-packing.
La polyvalence
Quand on aime alterner les types de terrain lors des sorties trekking, d’autant plus au Pays de Bitche, il n’est pas rare de se retrouver sur des portions de chemin un peu plus accidentées que d’autres. Dans ce cas, plusieurs choix : on rebrousse chemin ou on s’y aventure quand même ! Dans la majorité des cas, je m’y lance, mais quand le vélo n’absorbe pas les secousses c’est le corps qui doit le faire et immanquablement il fatigue plus vite. Debout sur les pédales ou assis en selle, les jambes doivent accompagner le mouvement pour réduire les impacts sur le dos et sur la selle. Avec mon trekking tout-suspendu, je ne me pose plus la question, je fonce ! La fatigue musculaire est beaucoup réduite et les maux de dos absents. De quoi gagner en diversité de parcours, et donc en polyvalence.
Adventr 8.5 Low équipé d’une tige de selle télescopique, d’une potence inclinable et à l’enjambement bas
La motricité et la sécurité
Tout comme nous l’argumentons souvent à propos du VTT tout-suspendu, la suspension arrière permet de garder une excellente motricité. Particulièrement problématique sur des portions recouvertes de laitier ou de tuiles concassées, le mouvement de secousse de la roue arrière quand le cadre est rigide fait perdre le contact avec le sol de celle-ci. Résultat, le pneu glisse, la roue n’adhère pas efficacement au sol et l’arrière du vélo sautille en permanence. Avec la suspension arrière active et bien réglée, la roue reste en contact permanent avec le terrain. On dit qu’elle le « lit ». En montée, il sera donc bien plus facile de passer des portions de terrain meuble ou plus irrégulier ; en descente, vous gagnez en vitesse et en maîtrise sans perdre en confort. C’est un gain non négligeable en stabilité et donc en sécurité !
Pourquoi pas un VTT, alors ?
Avant l’arrivée sur le marché de ce type de vélo, nous avons vu passer bon nombre de clients qui, appréciant les parcours bitumés autant que les chemins, se sont équipés de VTTAE tout-suspendus. Très vite, ils y ajoutent des garde-boues, des lampes, et une béquille. Puis ils se plaignent d’une position trop sportive et souhaitent rehausser leur poste de pilotage… Avec le trekking tout-suspendu, ces compromis ne sont plus à faire. Les accessoires de confort et de praticité font partie du package : position confortable, garde-boues avec porte-bagages, béquille fixée directement au cadre, éclairages alimentés par la batterie du VAE. Le petit plus ? La possibilité chez certaines marques d’opter pour un enjambement bas et une tige de selle télescopique pour le top du confort.
Pour les derniers sceptiques qui craignent une perte de puissance ou une oscillation au pédalage, avec un amortisseur bien réglé et une cinématique adaptée il n’y a aucun déficit à signaler.
A l’issue de mes premières sorties en VTCAE tout-suspendu, le verdict est sans appel : je ne reviendrais plus en arrière. Bien sûr, comme vous, je me disais que j’étais bien sur mon vélo semi-rigide, qu’il me suffisait. Mais croyez-moi, quand on a goûté au confort et à la polyvalence, on en revient plus !